08 mai 2007
Athéisme, agnosticisme et l'herméneutique
Les Indiens à la rescousse de l'Eglise anglicane
http://www.courrierinternational.com/article.asp?obj_id=69897
En
1492 la Reine de Castille et le Roi d'Aragon Isabelle et Ferdinand
décident que le "Royaume de toutes les Espagnes" sur lequel règnera
leur monarchie serait celui d'une confession seule et unique.
Les chrétiens réfugiés dans le nord avaient entamé la Reconquista - mouvement pour chasser les musulmans - qui prit fin en 1492 avec l'élimination du dernier bastion musulman, le royaume de Grenade.
À la fin de cette même année 1492, Christophe Colomb découvrit, ou redécouvrit, l'Amérique. L'unification de l'Espagne actuelle prit officiellement fin en 1512. À cette même époque, les Conquistadors conquirent pour l'Espagne un immense empire colonial.
Pris dans l'exaltation religieuse de la Reconquista, les souverains espagnols décidèrent en 1492 de contraindre les juifs d'Espagne à choisir entre la conversion et l'exil. La plupart d'entre eux ont trouvé refuge dans l'Empire Ottoman. Les musulmans restés en Espagne après la Reconquête, ou Morisques, seront convertis de force dès le début de XVe siècle, et seront finalement expulsés, suite à plusieurs révoltes, en 1609.
Présents sur le territoire et cohabitant avec tous autres sujets sans grands problèmes depuis plusieurs siècles, musulmans et juifs - los Morisques y los Marranos (les sarrasins et les cochons) - devront s'exiler, ou abjurer leur foi et embrasser la religion officielle.
La notion de "religion officielle" prit une tournure jamais connue auparavant avec la création - à l'initiative d'ecclésiastiques et de Papes espagnols - du dit Saint Office appelé à gérer la Sainte Inquisition, et cela permit au pouvoir royal, comme partout ailleurs dans l'Europe médiévale, un contrôle social accru par le biais notamment des collèges universitaires et des patronages religieux des Guildes et Corporations.
Ces groupements corporatifs préfiguraient pour l'époque les Arts et Métiers mais, avec une réelle influence sur leur contemporains, "influence que les actuels syndicats ne seraient certes pas capables d'égaler". Cette dernière réflexion - intentionnellement reprise entre guillemets - fut reprise à leur compte par les politiciens collaborateurs du gouvernement de Vichy pendant l'occupation nazie en France, de même que par le général Franco de volonté délibérée dans "l'Espagne-de-papa".
Au XVe siècle,
les musulmans se retirèrent vers l'Afrique, principalement au Maroc.
Les communautés juives se séparèrent en plusieurs vagues d'émigration,
dont les plus importantes furent respectivement vers le Nord, France,
Pays-Bas, Saint-Empire, etc. - rejoignant les ashkenazim d'Europe du
Nord - puis vers l'Est et le Sud, Tunisie, Turquie, Moyen-Orient, etc.
- et portèrent le nom de sepharadim, d'après un mot signifiant "Espagne"
Quelques-uns, par nécessité ou par obligation, choisirent de rester en Espagne. Les dignitaires espagnols, nobles ou ecclésiastiques, n'en étaient pas pour autant dupes; mais une abjuration valant trahison, ils jouissaient ainsi de ces ambigus sentiments que pouvaient ressentir les bourreaux envers de potentielles victimes.
L'Espagne devint au cours du XVIe siècle, la plus grande puissance d'Europe grâce à sa présence sur le continent américain et aux richesses ramenées.Toutefois, la puissance de l'Espagne déclina progressivement en raison des guerres coûteuses qu'elle mena et des révoltes qui éclatèrent.
Après la bataille navale de
Trafalgar en 1805, la puissance maritime de l'Espagne fut complètement
évincée au profit de celle du Royaume-Uni.
Mais
au cours dudit Siècle des Lumières, la reconnaissance se manifesta dans
les cours princières, royales ou impériales pour le travail original
des Encyclopédistes, comme pour quelques découvreurs d'envergure : en
astronomie Copernic et Kepler, en mathématiques Euler et Gauss, puis
aussi Newton, Laplace, Lavoisier etc.
On rapporte que Laplace invité par le Roi Louis XVI à s'expliquer sur l'absence de Dieu dans le système astronomique newtonien aurait donné la réponse classique : "Sire, dans le système astronomique, Dieu est une hypothèse superflue"
Le système astronomique newtonien est donc une construction intellectuelle athée.
L'esprit positif et l'objectivité des découvreurs et autres partisans du rationalisme en matière scientifique et technique triompha à peu près dans tous les domaines de la connaissance, objet et matière des études universitaires, et dans les discours de légitimation sociale destinés à conforter les préoccupations des milieux académiques et des (formateurs d') enseignants jusqu'à l'époque troublée qui suivit l'expérience malheureuse de la Commune - laquelle expérience sonna le glas définitif de toute éventuel projet de retour au second Empire et à sa conception technocratique du pouvoir.
Concurremment, une certaine conception du progrès social se fit jour avec l'instauration notamment au plan international, d'un appel permanent aux efforts militants de délégués acquis aux idées politiques soit réformistes, soit révolutionnaires, moulées en idéologies respectivement socialiste et communiste. Ce fut l'époque des premières "internationales" et de la rédaction de "Das Kapital" par Marx et Engels.
On peut se poser l'oiseuse question de savoir si ces épisodes historiques jouèrent un rôle décisif dans l'acheminement global de l'ensemble du corps social et de la dite "société civile" vers les catastrophes - beaucoup plus profondément significatives que la guerre entre Napoléon III et l'Empire de Monsieur Bismarck en 1870 - ces catastrophes d'envergure mondiale que furent les conflits successifs de 1914-1918 et de 1939-1945.
Mais lors de ce dernier conflit la démission des élites politiques, sociales, intellectuelles et religieuses devant l'émergence à la fois des dictatures fascistes et du national-socialisme d'un côté, et de l'autre, devant le triomphe relatif des militants communistes et des partisans de la 3e internationale d'obédience stalinienne, a notablement excédé la patience et détruit la confiance que pouvaient ressentir les laïques en général, et les athées en particulier, envers les philosophies politiques "tournant à vide" et impuissantes à expliciter, à donner une réponse cohérente quelconque à l'abîme de questionnement ressenti devant la Shoah et l'univers concentrationnaire, celui des camps d'extermination nazis comme ceux du goulag sibérien.
A cause de cela entre autres motifs, est-ce à dire qu'on assiste finalement au XXIe siècle à ce retour en force, annoncé par quelques intellectuels tels - on l'a dit - que le journaliste, écrivain et ministre André Malraux : le retour du spirituel, la résurgence du religieux ?
"Réfléchir sur Dieu,
c'est donc en quelque sorte explorer les propriétés et la fonction
linguistique de ce concept. La réflexion théologique est de la sorte
invitée à son tour à descendre dans l'arène du langage. Expulsée peu à
peu au cours des derniers siècles de tous les lieux traditionnels de sa
réflexion sur Dieu par l'annexion de la cosmologie et de la psychologie
au discours proprement scientifique, la théologie avait cru pouvoir se
réfugier dans le bastion du langage. Le cosmos était pour la pensée
médiévale ce grand livre où Dieu écrivait sa volonté. La psychologie
était la scène où s'affrontaient le péché et la grâce.
Mais, sous le
coup des poussées successives de la science, ces lieux ont été assortis
de déterminations entièrement immanentes et soustraites aux impulsions
d'une volonté extra-mondaine.
Pour la science, Dieu est une hypothèse superflue et invérifiable.
Aussi
la théologie pensait-elle pouvoir se replier dans le langage où il lui
restait la prière et la raison raisonnante. Mais la raison même n'est
pas indépendante des formes qui l'expriment ou plutôt, qui
l'organisent. Le langage a cessé d'être le lieu neutre d'une médiation
avec Dieu et a été capté à son tour par
l'immanence où il est devenu
objet de science. En sorte que réfléchir sur Dieu, c'est s'interroger
sur le nom de Dieu." (Jacques Pierre, L'herméneutique et sa
matrice,P.14)
"Il est évident qu'à la question, pourquoi je meurs, on ne saurait répondre par la constatation plate et objective qu'il y a eu prolifération de métastases. Ce n'est pas ce qui est en question ici. Il ne s'agit pas d'expliquer mais de donner un sens. Une intelligence qui s'appuie sur les propriétés formelles du langage, comme je m'en fais ici l'avocat, doit être suppléée par une logique affective qui puisse rendre compte de choses telles que le transfert ou l'identification. Le discours herméneutique aménage en effet des plages de transfert et d'identification que le discours scientifique, quant à lui, par sa vocation, doit supprimer. L'objectivité est corrélative d'un observateur général et quelconque qui est le même partout: quelque chose comme l'ubiquité d'un oeil divin embrassant l'objet depuis tous les points de vue à la fois et saisissant la permanence de son identité. Cette généralité de l'observateur dépouille donc ce dernier de toute singularité affective et l'institue comme la place vide d'une topique abstraite." (Jacques Pierre, L'herméneutique et sa matrice,P.16)
Jacques Pierre est professeur de sciences de la religion à l'Université du Québec à Montréal et vient de publier un ouvrage sur Mircea Eliade : Mircea Eliade, Le jour et la nuit, Montréal,Hurtubise HMH,1990,386pp.
Le 24 décembre dernier, Jean-Pol Hecq proposait un face à face inédit entre Mark Eyskens et Elie Barnavi. Quand d’anciens responsables politiques se mettent à philosopher ensemble sur le rôle des religions dans la marche du monde, cela donne des rencontres étonnantes.
Le temps suspend son cours
http://venturoscope.canalblog.com/archives/2006/03/10/1496099.html
Transcendance
http://venturoscope.canalblog.com/archives/2007/01/16/4895409.html
>> Penser au global - Agir au local <<
10 décembre 2006
Art Royal
L’Art Royal
De tout cœur, par principe !
LAISSE PARLER hommes et femmes probes et libres;
écoute ta conscience et parle avec raison;
si tu n'as rien à dire, vois, entends, mais tais-toi.
CONFORME-TOI aux lois, et ne profite pas de la faiblesse ou
de l'ignorance d'autrui;
lutte pour la liberté, par la recherche de la vérité à la lumière de la raison.
AIME TON PROCHAIN, aide-le sans peine et sans regret;
réfléchis et travaille, imagine le futur et précède l'événement;
ne néglige rien pour connaître, pour apprendre à connaître,
pour apprendre à faire connaître.
POUR CONNAÎTRE, il ne suffit pas d'aimer,
il faut aimer connaître : sache connaître les étrangers, respecte-les et
assiste-les, leur personne est sacrée pour toi.
AIME LES UNS, fuis les autres, mais ne hais personne; la véritable amitié
passe par l'amour de la vérité : ne flatte point ton prochain, et si ton prochain
te flatte, crains qu'il te corrompe.
FAIS A AUTRUI ce que tu aimes qu'on te fasse;
agis avec autrui comme tu souhaites qu'on agisse envers toi;
sois envers autrui comme tu voudrais qu'on fût à ton endroit.
NE JUGE PAS les autres seulement sur leurs actes;
pense qu'il faut, pour les bien juger,
vivre comme eux, les entendre plutôt que les écouter, les voir plutôt que les regarder.
SOIS FRANC, juste et droit, en paroles, en actes et en pensée;
si tu ne dis pas tout ce que tu penses, ce que tu dis, pense-le;
souffre qu'on te juge, non sur ce que tu penses, mais sur ce que tu fais.
S’il te vient un enfant..,
REJOUIS-TOI, mais songe au sens de ce bonheur.
Son affection naîtra de ta fidèle assistance;
pense à son être plutôt qu'à son avoir.
Sache qu'il n'est identique à nul autre :
pour autant comparable au tien, son devenir
est le sien.
Sois pour lui disponible, ne lui reste pas indispensable.
-- Pense au global - Agis au local --
10 mars 2006
Le temps suspend son cours...
"Le sens du vecteur épistémologique.., va sûrement du rationnel au réel et non point, à l'inverse, de la réalité au général..."
"Au-dessus du sujet, au-delà de l'objet immédiat, la science moderne se fonde sur le projet.
Dans la pensée scientifique, la méditation de l'objet par le sujet prend toujours la forme du projet."
(Le nouvel esprit scientifique, Gaston BACHELARD, Presses Universitaires de France)
DE TOUTE ÉTERNITÉ
La raison est la lumière qui éclaire l'objet; la conscience est cette lumière qui, réfléchie par l'objet, illumine le sujet.
La raison est savoir, la conscience est connaissance.
La raison est à la conscience comme écouter est à entendre,
comme parler est à dire, comme regarder est à voir, comme agir est à penser.
Si la raison est information, alors la conscience est communication.
Sans la raison, la conscience est foi; sans la conscience, la raison est folie.
La raison fait appel à la notion d'unité : c'est-à-dire de l'action de mesurer, de comparer
des grandeurs de commune nature.
On passe, avec l'unité, de la qualité à la quantité.
La commune nature toutefois n'implique pas l'uniformité, car il y a des grandeurs incommensurables.
Si le chaos est absence d'ordre, alors le désordre est destruction de l'ordre.
L'ordre naît du chaos; l'uniformité engendre le désordre.
Bien et mal sont images de l'ordre et du désordre dans l'évolution de la vie; mais bien et mal n'ont pas
d'existence naturelle : comme les deux versants opposés d'une même vallée, ce sont le point et
le contrepoint d'une même situation de l'être humain, ici et maintenant, partout, de tout, avec tout.
Les amants unis pour faire la vie, grâce à la liberté chacun survivent dans le coeur l'un de l'autre.
La liberté naît de l'instant où l'on se dit : je sais ce qui me convient, je le veux envers et contre tout, et je peux
l'avoir à tout moment, avec l'aide de tous.
La liberté consiste à ne pas devoir choisir entre faire l'ange et faire la bête; c'est garder toujours conscience
d'être humain; c'est cette folie qui provient de la foi en l'humanité.
La liberté n'est pas à découvrir, nul ne peut la prescrire, elle est toujours à réinventer.
Être libre c'est pour résister au vide, offrir son existence au néant;
c'est réfuter les évidences incontestables et récuser tout pouvoir absolu.
La vraie liberté, c'est celle d'un monde où fleurissent les différences; perdrait le fruit de la vie et
sa libre vérité, qui imposerait un nom à l'éternel "autre".
Sous-catégorie Epistémologie des sciences