avenir à défricher

«Regarder un atome le change, regarder un homme le transforme, regarder l'avenir le bouleverse.» (de Gaston Berger, Phénoménologie du temps et prospective)

09 décembre 2006

Humains, trop humains.!

Traitements inhumains : l'horreur doit-elle rester sans voix, et l'esclavage se taire en toutes les langues ?

Un laps de temps nécessaire est indispensable à la sérénité – après des événements cruellement ressentis par les victimes d'actes pédophiles et par leurs parents.

L'unanimité consensuelle qui rend l'horreur muette et l'esclavage indicible, c'est précisément ce qui angoisse, et serre à la gorge devant les phénomènes immondes et grotesques – assez différents des catastrophes naturelles - auxquels personne n'imagine pouvoir réagir autrement que par la panique ou par la fureur.

Panique et fureur. Avec la distance, le retrait, après le retour chez soi, on peut parfois s'interroger.

Vraiment y a-t-il résurgence de l'esclavage ? Et se demander si soi-même, placé dans d'autres situations que celles qu'on a toujours connues, avec une autre éducation, avec d'autres parents ou dans d'autres circonstances de la vie, on n'aurait pas pu se trouver en telle position que le pire des enjeux n'aurait pu se dénouer autrement que par l'avilissement bestial ou la radicale indignité.

Traitements inhumains : radicalement inhumains, car esclavage et pédophilie ont ceci de particulier qu'ils ne sont pas d'emblée comportements dégradants. Après sa domestication, l'animal dépendant ne se conduit-il pas avec ses maîtres à peu près comme ses petits se comportent à l'égard de leurs géniteurs..?

Il y a là matière à discussion.

Lycanthrope est le nom savant du « loup-garou », personnage de conte populaire depuis des générations, sinon depuis toujours. Catharsis et abréaction sont les mots-clés de ce type de discours qui n'a d'autre origine que la nécessité d'une représentation de réalités d'autant plus effrayantes qu'elles semblent échapper à la volonté personnelle.

Alliant l'éthologie et l'étude du comportement animal à l'anthropologie culturelle et à l'ethnologie on notera, dans une optique naturaliste, chez les espèces animales à structure sociale de type familial, l'existence du rituel de la pariade, c'est-à-dire le simulacre d'accouplement destiné à marquer la préséance hiérarchique. Ce comportement naturel est attesté chez le macaque, le chimpanzé, le mandrill.

Observé chez l'hyène (ancêtre du chien) espèce où ce comportement rituel est aussi pratiqué par les individus femelles, il a donné lieu au mythe antique de Lycaon.

Dans la communication sociale et familiale chez le loup, n'est-il pas significatif que le léchage occupe une place prépondérante ? Le surnom lycaos donné au dieu Apollon signifie « qui a rapport aux loups ». Dans la tradition athénienne le lycée – consacré au dieu Apollon Lycaos - était l'école dédiée aux adolescents. Les termes :- anglais « lick » ;- néerlandais « likken » dérivent du même radical germanique, voisin d'un radical celtique signifiant également « lécher ».

Pour illustrer un "état des lieux" plus avancé de la civilisation occidentale, faisons étape quelques siècles plus tard - une quinzaine - lors de l'efflorescence des Ordres monastiques au Moyen-Age : "Vie sauvage", un leurre  (dernier alinea)

Passant de l'éthologie à l'étude des civilisations, on notera le statut de l'esclave dans l'Antiquité grecque et latine. L'esclave ne portait pas ce nom actuel qui met l'accent sur l'enclavement, la mise sous clef. La littérature n'a vraiment retenu que le terme le plus courant : res, « la chose ». Pour mieux replacer la perspective, les esclaves n'étaient pas même considérés comme faisant partie de la communauté humaine.

Patriciens ou plébéiens, propriétaires terriens ou loueurs de services, tous étaient unanimes pour user et pour abuser des individus qui n'avaient aucun réel statut personnel, et sur lesquels quiconque - et les enfants aussi - avaient toute latitude d'exercer une domination quasi-absolue, voire une tyrannie bestiale.

Dans l’histoire encore récente de la civilisation occidentale, on notera certaines pratiques mises au jour et reconnues officiellement par les autorités politiques actuelles. Depuis les années trente en Amérique du Nord et en Suède, ainsi qu’après 1945 encore dans de nombreux pays concernés par le Maccarthysme - anti-communisme halluciné à l’égal du racisme ordinaire - il n’était pas peu fréquent qu’on impose à des individus peu avertis par décision autoritaire et sous caution pseudo-scientifique un statut personnel en marge ou dégradé. Voir: Eugénisme, mais de qui se moque-t-on ?

Par une hâtive comparaison à l’échelle statistique dite « de Morgan » reprenant les normes de taux relatifs d’hormones on pouvait, à ce moment de l'histoire récente, considérer tel ou tel individu mâle ou femelle comme présentant un rapport soit excessif, soit inverse eu égard à son sexe apparent – déterminé par simple constat à la naissance.

L'administration et ses médecins décidaient arbitrairement que ni les dits « hypersexués », ni les dits « intersexués », ne seraient autorisés à fonder une famille.

Populations humaines, sommes-nous bétail pour l'abattoir ?

Syndrome d'insensibilité complète aux androgènes
http://www.rch.org.au/emplibrary/chic/SICA.pdf

>> Penser au Global - Agir au Local <<

Posté par PapaMich à 23:20 - Ethiques et Morale - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

Si je ne me trompe il y aurait encore quelque chose comme 150 millions de personnes réduites à l'esclavage de par le monde. Et les enfants bien entendu paient le plus lourd tribu.

Posté par Chris, 15 juin 2006 à 20:54

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