avenir à défricher

«Regarder un atome le change, regarder un homme le transforme, regarder l'avenir le bouleverse.» (de Gaston Berger, Phénoménologie du temps et prospective)

27 octobre 2006

Deux fers au feu

Exception, dans l'urgence - ou urgence, dans l'exception ?

Passé les guerres sans pitié - la Croix-Rouge ne fut internationalement admise qu'après le second Empire - dues à la Révolution française se terminant avec l'abdication de Napoléon Ier Bonaparte, il ne fut plus permis à quiconque en Grande-Bretagne de tenir de "public meetings" sans l'assentiment d'un attorney ou procureur de Sa Majesté.

 C'est la raison pour laquelle on dit outre-Manche actuellement encore, qu'il faut pour cela se rendre à Hyde Park (en anglais, le "Parc de la Cachette") avec une caisse à savon comme podium !

 Mais sachez qu'en mon pays d'Europe aucune manifestation publique ou cortège quelconque ne peut se former spontanément, car ce type de sollicitation du public est strictement réglementé : il est impératif que la Police soit avertie au moins deux jours à l'avance.

 Vous pourriez en conclure aisément qu'aux Etats-Unis d'Amérique également, réglementation et législation se sont adaptées aux situations d'urgence qu'on avait pu connaître en Europe.

 Adaptation nuancée cependant : effectivement la Constitution des Etats-Unis jusqu'à ce jour admet - grande exception parmi toutes les démocraties du monde entier - la libre expression par principe à qui que ce soit, où que ce soit, en quelque nombre de participants que ce soit.

 Mais cette liberté fait se dévoiler au plein jour des opposants qu'on peut de ce fait plus facilement poursuivre au moyen des multiples agences gouvernementales spécialisées devant lesquelles tout citoyen simplement révolté est individuellement le plus souvent techniquement démuni. A fortiori sera-t-il démuni s'il est en même temps désavoué par sa communauté religieuse laquelle, aux Etats-Unis d'Amérique, fait office d'état-civil. Vivant là, essayez un peu de vous y proclamer athée ?

 Depuis le 11 septembre 2001 la tactique adoptée par les États-Unis et leurs alliés n'a-t-elle pas consisté - pour reprendre l'exemple historique illustré ci-dessus - à faire entrer dans l'univers quotidien de tout citoyen l'idée que les arbres de Hyde Park pouvaient cacher d'ignobles et sanguinaires terroristes prêts, non seulement à vous couper la parole, mais à vous faire culbuter, quitte à vous priver de votre caisse à savon..?

 Qu'arrête donc cette tragi-comédie, ce grand-guignol universel !

 Le terrorisme islamiste est conséquence, non pas des attentats du 11 septembre 2001, mais d'événements (1) qui ont précédé : plus précisément, l'éclatement de la bulle spéculative (2) autour d'Internet et notamment, l'inculpation des dirigeants d'Enron.

 Imaginez-vous un seul instant que les émirs, ou même la famille de croyants qui gère les lieux-saints de l'Islam, n'aient eu jamais aucuns avoirs placés dans aucuns fonds financiers sur lesquels quiconque n'aurait pu spéculer en Bourse de New-York ?

 Les talibans aussi ne font-ils appel à de "parrains" bien nantis ?

 Dans l'ancienne cavalerie on avait coutume de dire : le bon maréchal-ferrant est celui qui toujours maintient, non pas un, mais bien deux fers au feu.
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1 http://venturoscope.canalblog.com/archives/2007/08/09/5846823.html

2 http://venturographe.canalblog.com/archives/2006/10/24/2897994.html


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